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A propos de tags et de propagande "anti-zadiste"

samedi 23 janvier 2016

## A propos de tags et de propagande "anti-zadiste".

C’était prévisible : à quasi chaque manifestation du mouvement anti-aéroport, un fait divers est monté en épingle dans les médias pour alimenter la propagande anti-"zadiste" et servir la soupe aux affabulations des pro-aéroport : Retailleau, Mustière and co. Une partie des journalistes s’en font le relais sans aucun recul critique et sans se donner la peine de faire part aussi des réponses des habitants de la zad visés par ces campagnes diffamatoires, et ce malgré nos communiqués à ce sujet. Il semblerait que, pour certains, notre parole n’ait pas la même valeur que celle de ceux qui nous attaquent. Cela dit, nous allons tenter une nouvelle fois de transmettre d’autres points de vue à celles et ceux qui veulent bien les entendre.

Pour commencer, nous n’avons pas grand chose à dire sur le scandale du jour : quelques tags dans une maison laissée inocupée depuis des années.

- pour ce que l’on en sait, le couple qui s’affiche dans les journaux comme initiateur de la pétition "anti-zadiste" a produit tellement de mensonges depuis des années que cette nouvelle histoire, qui arrive à point nommé, pourrait tout aussi bien être un montage. En réalité, avant même que les dits "zadistes" arrivent dans le bocage, à l’appel d’habitants des alentours, le couple Lamisse était déjà en conflit avec à peu près tous ses voisins "historiques". Ils bénéficiaient d’une réputation bien ancrée de mythomanes malveillants toujours prêts à inventer une histoire pour semer la zizanie.

- cela dit, il n’est pas non plus impossible que ces personnes, qui ne cessent de propager la haine et de diffamer, finissent par susciter quelques réactions agacées dans les environs. Ce n’est pas forcément ce qui se fait de plus constructif, mais c’est humain.

Ce qui nous intéresse ici, c’est ce que le montage politique de ces faits divers dans la presse cherche à cacher :
- le rejet plus déterminé que jamais du projet d’aéroport par la majorité des populations concernées
- les liens de bon voisinages et le soutien d’une grande partie des habitants et paysans des bourgs alentours à l’égard des habitants de la zad
- la force positive de ce qui se construit sur la zad en terme d’expérience de vie, d’agriculture, d’habitats et d’activités
- l’espoir emblématique donné par de tels espaces où s’expérimente la possibilité de sortir de la marchandisation du monde.

Voilà pour aujourd’hui. Pour une analyse un peu plus fouillée sur la question et d’autres infos :

- le communiqué "Réponse aux attaques et mensonges contre la zad" ci-dessous
- un petit film "construire la zad" avec des habitants de la zad et du coin là : https://www.youtube.com/watch?v=CjTfxgHkmXA
- un petit livre sorti ces jours-ci en librairie : "Défendre la zad". Il est écrit par des habitant-e-s et donne un autre regard sur ce qui se construit dansle bocage depuis l’opération César. Le texte du livre est lisible ici : https://constellations.boum.org/spip.php?article125 /watch ?v=CjTfxgHkmXA
- le site zad.nadir.org


Réponse aux attaques et mensonges contre la zad.

Depuis quelques temps comme à chaque période de mobilisation anti-aéroport, une petite histoire croustillante visant à stigmatiser le mouvement, et en particulier les occupants de la zad, est servie aux médias. En l’occurence, une maison en bordure de la zad, malencontreusement squattée brièvement il y a deux ans contre l’avis des ses anciens habitants et laissée vide depuis. Certains s’empressent de la relayer, de l’amplifier à grand coup de généralités mensongères et ne se gênent pas pour conclure que « les riverains » seraient opposés aux « zadistes ». Ces opérations de communication cherchent à diviser, à jouer sur les peurs, fantasmes et préjugés. Un ancien maire déclare que « tout le secteur » serait « soumis à la loi du plus fort imposée par des mercenaires-occupants qui font régner la terreur ». Dans le même registre grotesque, le nouveau président de région n’hésite pas quant à lui à comparer la zad à « Mossoul » ou « Damas ». Mais aussi insistantes que soient ces opérations de propagande, elles ne peuvent masquer la réalité locale et la force du mouvement. Face à ces attaques nous voulons ici rappeler que :

- la quasi-totalité des habitants des bourgs alentours est fermement opposée au projet d’aéroport.

- une très grande partie d’entre eux entretient des rapports de bon voisinage avec les occupants de la zad. En 2012, de très nombreux habitants du coin se sont mobilisés pour soutenir et ravitailler ces occupants lorsque milles policiers sont venus envahir la zad et y détruire des fermes et maisons. Depuis, beaucoup de ces habitants ont participé aux chantiers collectifs, fêtes et mobilisations ou passent au quotidien sur la zad. Des liens denses se sont tissés dans la lutte et on peut affirmer sans risque de se tromper que la solidarité locale sera de nouveau au rendez-vous en cas de nouvelle tentative d’expulsion de la zad.

Nous n’affirmons pas ici qu’il n’y ait jamais eu d’incidents avec certains habitants des bourgs alentours, notamment au printemps 2013, pendant la période de fortes tensions créée par l’occupation policière qui a suivie l’opération César. Il est alors aisé, comme dans n’importe quel village ou coin de banlieue qui se retrouve sous les feux des projecteurs, de monter quelques faits divers en épingle dans les médias et de les ressasser ensuite à l’infini pour faire de l’esbrouffe. C’est ce que s’emploient, de loin, quotidiennent à faire Retaillau, Mustière et consorts pour semer la zizanie. De près, la réalité du terrain est toute autre, ouverte au dialogue, à l’entraide et à la volonté de vivre ensemble.

Nous n’affirmons pas cependant ici faire l’unanimité. A chaque fois que des gens décident de vivre en porte à faux avec les normes sociales individualistes et consuméristes, elles sont sujettes à la critique et à des attaques. Il y a des forces réactionnaires dans les bourgs autour de la zad comme partout ailleurs. Cependant, ce qui s’expérimente collectivement sur la zad, en terme social, agricole ou politique, est porteur d’un espoir tangible pour toutes celles et ceux qui ressentent aujourd’hui que le monde productiviste et marchand va droit dans le mur. Cet espoir nous le partageons avec beaucoup de voisins et voisines.

Les voix qui se font entendre du coté des pro-aéroport sont avant tout celles des lobbys patronaux et des élites politiques locales. Et c’est bien le gouvernement qui fait « régner la terreur » lorsque ses hommes armés débarquent dans le bocage et qui engage « des mercenaires » privés pour mener à bien ses projets. Mais contrairement au mouvement anti-aéroport, les pro n’ont jamais bénéficié d’une quelconque assise populaire. Et ce pour une simple et bonne raison : cet aéroport comme tant d’autres projets d’aménagement nuisibles du territoire va à l’encontre de la volonté et des intérêts des populations concernées. Nous continuerons à lutter pour un avenir partageur et sans aéroport, main dans la main avec les habitants et paysans qu’ils voudraient forcer aujourd’hui à partir.

Le groupe presse de la zad