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Le mur de Calais : Vinci et les autres profiteurs de la construction de la barrière anti-migrants

vendredi 7 octobre 2016

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Travaux de construction du mur par “Eurovia VINCI”, utilisant des équipements LIEBHERR.

par le Réseau Recherche Calais

Les travaux de la “grande muraille de Calais” ont commencé, le mur de sécurité anti-migrants de 4 mètres de haut à 2 millions de Livres Sterling commandé par les gouvernements britannique et français. Le mur va isoler la « jungle », bidonville créé de toutes pièces par le gouvernement français, où quelques 10.000 personnes vivent dans des conditions effroyables dans l’espoir d’obtenir l’asile au Royaume-Uni, de l’autoroute à proximité du port le plus achalandé de la Manche. Le mur est financé par le gouvernement du Royaume-Uni, alors que la construction est supervisée par les autorités françaises.

Nous savons maintenant que le mur est construit par Vinci, une énorme multinationale française de construction, de travaux publics et de sous-traitance, responsable de nombreux autres projets controversés (listés plus bas). La filiale impliquée est Eurovia Vinci, qui est spécialisée dans les routes et autres infrastructures de transport, ainsi que l’extraction, la production d’asphalte et d’autres secteurs d’activité dont le point commun principal est la dévastation écologique.

Bien que « Vinci » apparaisse bien visible sur les t-shirts et les camions des ouvriers du chantier, selon le journal L’Obs, “les travaux [de construction du mur] ont été confiés à la “Société d’Exploitation des Ports du Detroit” (SEPD). La SEPD est une structure plus vaste qui a été spécifiquement créée pour financer et gérer le projet Calais Port 2015, un projet d’expansion du port actuel de Calais à 900 millions d’Euros, suivant la logique que la liberté de mouvement devrait être facilitée autant que possible pour le transport de marchandises, tandis que de plus en plus d’obstacles sont mis en place contre la circulation des personnes. Vinci était seulement une des entreprises lauréates de ce contrat parmi d’autres. Soletanche Bachy, figurant dans ce contrat pour le port, est une filiale de Vinci (curieusement, ils ne figurent pas sur le site web du port). Les concurrents Bouygues, Spie Batignolles et Jan De Nul ont gagné des parties plus importantes de ce contrat.

Une autre filiale de Vinci, Sogea, a été chargée de la démolition de la « zone sud » de la jungle en Février et de la construction du CAP, camp officiel de l’Etat français fait de containers. Il n’est pas encore dit si Vinci / Sogea sera également responsable de la démolition du reste de la jungle dans la prochaine vague d’expulsions, largement pressentie pour débuter dans les semaines qui viennent (17 Octobre).

Dans tous les cas Vinci démolit des habitations et érige des murs là où les gouvernements britannique et français cherchent à transformer Calais en un « No Man’s Land » pour migrants.

Pendant ce temps, dans un autre coin de la France à plusieurs centaines de kilomètres de là, Vinci est également derrière le projet du nouvel aéroport de Notre Dame des Landes, un “méga-projet” de partenariat public/privé contre lequel la résistance est âpre, via la ZAD (Zone A Défendre). Le démantèlement et l’expulsion de la ZAD et de ses occupants devraient, par hasard ou non, également avoir lieu très prochainement. Les occupants de la zone sont aussi opposés au rôle joué par Vinci à Calais.

Ailleurs, en Russie, Vinci a été impliqué dans le projet de route à péage qui menace des hectares et des hectares de la forêt historique de Khimki, et qui a fait l’objet d’allégations de pot-de-vins et de corruption. Au Royaume-Uni, Vinci a été l’un des principaux entrepreneurs du bâtiment a avoir été impliqué dans le scandale des listes noires de travailleurs syndiqués.

De retour à Calais, il est dit que le mur devrait être achevé dans les 3 mois, avant la fin de 2016. Les ouvriers ont apparemment eu pour consigne de travailler rapidement, car un différend oppose la préfecture et la maire de Calais, Natacha Bouchart, qui soutient que le mur est un gaspillage inutile d’argent avec la destruction de la jungle à venir. C’est dans ce contexte qu’elle a pris un arrêté d’interruption des travaux aujourd’hui.

Eurovia-Vinci n’est pas la seule entreprise bénéficiant de la dernière vague des nouveaux murs de division européens. À Calais particulièrement, de nouvelles clôtures barbelées ont été érigés autour du site d’Eurotunnel et de l’autoroute l’année dernière. L’un des bénéficiaires était Jacksons Fencing. En 2014, Zaun Ltd. fut à l’origine de la clôture apportée à Calais par l’OTAN après le sommet de ce dernier.

Le projet de construction fait usage de camions et de machines fournies par un certain nombre d’entreprises, dont les suivantes :

Jean Lefebvre : entreprise française de travaux publics http://www.ejl-idf.fr/

Kiloutou : société française de location de machines de construction et de matériels d’usine http://www.kiloutou.fr/

Liebherr : multinationale suisse de fabrication d’équipements https://www.liebherr.com/

Manitou : entreprise française et internationale de bulldozers et autres équipements https://www.manitou.com/en/

Salti : société française de matériel de construction http://www.salti.fr/

Schwing-Stetter : multinationale allemande d’équipements pour le pompage du béton http://www.schwing-stetter.com/

source : https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2016/10/04/the-calais-wall-vinci-and-the-other-profiteers-making-a-killing-from-building-an-anti-migrant-barrier/