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Programme aout-septembre 2017 du Taslu

lundi 21 août 2017

Dimanche 27 août de 10h à 18h (avec un repas à midi et un apéro informel le soir)

Discussion sur la situation des migrants en Grèce avec des camarades d’Athènes qui ont écrit le livre « Population on target »

Depuis 2015, on entend partout parler de la « crise des migrants ». Il nous faut parvenir à comprendre ce moment sans tomber dans la surenchère médiatique : la migration n’est pas un phénomène nouveau, mais elle a pris une ampleur particulière depuis les révolutions au Maghreb, la guerre en Syrie et plus largement au Moyen Orient, qui ont largement contribué au déplacement de nombreuses personnes et à l’ouverture partielle de certaines frontières. Surtout, la gestion des flux migratoires est devenue un enjeu politique et économique majeur dans de nombreux pays de l’union européenne.

Au printemps 2016, l’Union européenne et la Turquie signent des accords qui prévoient notamment que tous les « nouveaux migrants irréguliers » arrivant en Grèce soient refoulés en Turquie : le contrôle des populations à l’échelle européenne franchit là un seuil important au-delà duquel les migrants deviennent explicitement une sorte de monnaie d’échange diplomatique. Lorsqu’ils arrivent sur les îles grecques, ils sont immédiatement placés dans des centres, où leur renvoi vers la Turquie leur est notifié. Le pacte migratoire prévoit également que la Turquie « prenne toutes les mesures nécessaires pour éviter que de nouvelles routes de migration irrégulière – maritimes ou terrestres – ne s’ouvrent au départ de son territoire en direction de l’UE. » En contrepartie l’UE s’engage à verser une aide financière de trois milliards d’euros, renouvelable une fois qu’elle sera épuisée.

En quelques années les frontières des différents pays de l’Europe ont été renforcées, et sont même devenues des lignes infranchissables à certains endroits. En Hongrie, après la construction d’un deuxième barbelé et l’augmentation des effectifs des gardes frontières, une loi a été votée ce printemps autorisant la mise en détention systématique de tous les demandeurs d’asile présents sur son sol.

L’étau se resserre, les migrants se retrouvent bloqués dans des pays comme l’Italie, la Grèce ou la Serbie. Des nouveaux camps sont créés, zones d’attente des demandes d’asile, mais aussi laboratoires de gestion des populations et de répression. En Grèce, ces camps sont devenus un secteur économique très rentable : dans le contexte de la crise, les multiples ONG qui s’occupent des migrants constituent un rempart au chômage. À Lesbos par exemple, la « crise migratoire » a « offert » du travail à la moitié de la population. Les ONG organisent la pacification, sans le pouvoir et les matraques : si elles sont d’un côté un véritable biais par lequel agir, elles sont de l’autre une façon d’anéantir toutes possibilités d’auto-organisation ou de révoltes des migrants et de leurs soutiens.

Ces camps, pour la plupart ouverts aux allers-retours de leurs occupants, mais interdits à toute personne étrangère hormis les ONG, sont gérés par le ministère de la défense, et donc en partie par l’armée. En Grèce le service militaire est obligatoire et nombreux sont ceux qui se retrouvent à faire de la surveillance dans ces camps durant cette période. Des mouvements d’objecteurs de conscience formés depuis quelques années se heurtent ainsi à de nouvelles questions : militarisation et contrôle des migrants ne peuvent plus être envisagés et combattus séparément. C’est dans ce contexte que le groupe Total objection army a rencontré des militants de Lesbos (le groupe Musaferat), luttant contre les centres de détention : ensemble, ils ont écrit un livre qui dresse un tableau des conséquences de la crise migratoire en Grèce, du rôle des ONG, du nouveau marché économique qu’est la migration : « Il ne vise pas une autre analyse de la "fameuse crise des réfugiés" qui semble "nous tomber sur la tête" depuis l’an dernier, transformant non seulement l’agenda politique et la géographie humaine de la Grèce mais aussi la carte de la résistance à cette crise. Il vise à ouvrir au public le débat autour des résultats de cette gestion militaro-répressive, et à mettre en avant ce que le militarisme est vraiment : non pas une idéologie déviante de la civilisation bourgeoise mais une de ses parties structurantes. »

(la discussion sera en anglais avec un traduction en français)

15 septembre à 20h

La Mauvaise Troupe présente son nouvel ouvrage « Saisons, Nouvelles de la zad »

« “Nous sommes là, nous serons là”, tel est le serment scandé à Notre-Dame-des-Landes un certain 8 octobre. Nous étions 40.000, bâton en main. Un an après, le serment tient. Face aux menaces sans cesse réitérées d’expulsion de la zad, face à l’incertitude, il tient. Et nous sommes toujours là. Si la victoire contre les forces de l’ordre venues expulser la zad en 2012 fut éclatante, celle qui les a gardées éloignées tout au long de l’année 2016 fut plus discrète. Pourtant il y eut des batailles, de celles qui tiennent la guerre à distance. De janvier 2016 à l’été 2017, les manifestations épiques succèdent à la construction sans fin d’un territoire à inventer autant qu’à défendre. Les “nouvelles” condensées dans ce dernier ouvrage de la Mauvaise Troupe, entre récit, conte et fiction, relatent ces six saisons dans le bocage. »

La Mauvaise troupe est un collectif à variables multiples qui s’est constitué à l’occasion de la rédaction du volume Constellations. Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle , paru à l’éclat en 2014. En 2016, il a publié dans l’urgence d’une menaçante actualité, Défendre la zad , suivi quelques mois plus tard de Contrées. Histoires croisées de la zad de Notre­ Dame­ des­ Landes et de la lutte No TAV dans le Val Susa. Saisons paraîtra en septembre 2017 et sera présenté à cette occassion par le collectif Mauvaise Troupe.

17 septembre à 18h30

Présentation du livre « Les chemins du communisme libertaire en Espagne 1868-1937 » par Myrtille (les Giménologues)

Au début des années trente, le mouvement communiste libertaire espagnol a focalisé en lui un immense espoir de révolution sociale auprès d’une partie du mouvement ouvrier. Et c’est en Espagne, en 1936-1937, que s’expérimenta – à des degrés divers et en certains endroits seulement – l’unique mise en pratique du premier objectif avancé par les courants révolutionnaires marxistes et libertaires depuis le XIXe siècle : l’abolition du travail salarié.

La genèse du processus qui a mené à ce début de sortie des rapports sociaux capitalistes nous fait remonter aux années 1868-1872, quand les idées et pratiques anarchistes en cours d’élaboration dans le creuset de l’AIT, puis de l’Internationale anti-autoritaire, se combinèrent avec le fond anti-étatiste, anticlérical et anticapitaliste d’une partie des classes populaires espagnoles.

Dans l’état de décomposition et de passivité avancées de notre époque, où nous sommes trop souvent confrontés à l’idée que le capitalisme est increvable, il n’est pas mauvais de revisiter des temps où ce système fut déjà perçu et détesté pour ce qu’il est : un moment de l’histoire où l’énergie humaine est posée comme la première des marchandises.

Chercheurs non académiques, les Giménologues ont publié entre autres Les Fils de la Nuit, élaboré autour des souvenirs de la guerre d’Espagne ¡A Zaragoza o al charco ! Aragon 1936­1938, ré ci ts d e p rota g on i s te s l i b e rta i re s . I l s a l i m e n te n t ré g u l i è re m e n t u n e d i s cu s s i on s u r l e s ca u s e s e t l a n a tu re d e l a ré vol u ti on e s p a g n ol e s u r ce s i te : g i m e n ol og u e s . org

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