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Vivre sur la zad à tout âge

lundi 25 septembre 2017

INVITATION A DISCUTER « COMMENT VIVRE A TOUS AGES SUR LA ZAD »

CR réunion du 8 septembre 2017 à Bellevue

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Il y a quelques mois, on discutait de ce qu’on pouvait faire pour montrer qu’on était déterminé à continuer à habiter et lutter sur la ZAD et que si jamais il n’y avait finalement pas d’aéroport, on serait encore là. Il y a plein de longues discussions autour des usages agricoles des terres, mais on voulait aussi (se) rappeler que vivre sur cette zone, c’est pas seulement agricole. De fil en aiguille, on en est venu à évoquer une idée qui flotte de temps en temps dans les airs : penser à nos vieux jours sur cette zone, à accueillir les camarades de lutte qui prendraient bien leur retraite par ici, s’interroger sur la place de tou.te.s celleux qui ne sont pas jeunes et/ou valides et/ou efficaces dans le modèle de société qu’on combat, et dans celui ou ceux dont on rêve. Et comme manière de montrer qu’on est ici, qu’on va rester et que ça va durer, on trouvait ça pas mal.

On a depuis eu plusieurs réunions autour de cette question de ‘vieillir sur la zad’, pas dans l’idée de construire une maison de retraite ni d’avoir un projet tout ficelé dans le mois qui vient, mais pour lancer des réflexions sur ces questions, trouver les gens que ça intéresse, et voir ce qu’il en sort, en fonction des envies et besoins des personnes impliquées dans ces discussions : aider à créer des collectifs, aménager des espaces accueillants, aider à l’installation de personnes qui le souhaitent...

Voilà un bref aperçu des discussions et questions qu’on a eu jusqu’ici :

Des « vielleux » et des « jeunes » ? Discuter autour de ces sujets pose assez vite des questions de dénomination : ‘qu’est ce qu’être vielleux, qu’est ce qu’être « un.e vieilleux », ou « un.e jeune », qui le définit, pourquoi s’identifier sur ces critères d’âge,… A priori, tout le monde est à un moment jeune et ensuite plus vieux, physiquement au moins. Ce qui n’implique pas que tout le monde vieillit et se sent vieillir de la même manière. On a eu plusieurs discussions autour de ce qu’évoque ces termes, des appellations ‘vieilleux’, ‘ancien.ne.s’, ‘jeunes’, et l’envie de se dire que l’important est de pouvoir vivre à tout âge comme on l’entend. ( et que par comparaison avec la smala qui est un espace où ‘grandir ensemble’, on pourrait réfléchir aussi à comment ‘se tasser ensemble’, mais on a finalement adopté ‘’vivre à tous âges’…). Il y a envie de lutter contre l’agisme et les images/stéréotypes ( négatifs comme positifs) liés aux générations et de se souvenir qu’on peut vivre ensemble, même s’il y a des moments où on a envie de se retrouver avec des gens qui nous ressemblent.

Pourquoi se poser la question de où et comment vieillir ? On vit dans une société qui se débarrasse de ses vieilleux, qui ne veut pas les voir ni intégrer la mort : pour régler tout ça, rien de mieux que de les mettre au même endroit, et si possible hors de vue du monde ‘actif’. C’est comme ça que des camarades de luttes qui vieillissent se retrouvent confronté.e.s à la réalité des ‘maisons de retraite’ , concentrant tout ce qu’elles ont combattu dans leur vie : les institutions, l’autorité, la médicalisation,… D’un autre côté, la vieillesse est un marché fructueux pour de nombreuses entreprises, et mieux vaut avoir pensé à mettre de côté de l’argent pour avoir accès à ces ‘services’. Alors, voilà, quand on a passé une partie de sa vie à lutter contre le système ( ce qui rend rarement riche), comment continuer à le faire ? C’est une des questions qu’on a envie d’étudier, mais on veut aussi garder à l’esprit qu’il n’y a pas d’âge pour entrer en lutte, et garder une ouverture à celleux qui cherchent ou ont besoin de trouver des moyens de sortir de ces logiques économiques, sans passé de « militant.e.s ». 9

Pourquoi c’est pas si simple d’imaginer vieillir sur la ZAD actuellement

La ZAD est actuellement principalement occupée par des ‘jeunes’ (même s’illes le sont de moins en moins), alors que le milieu militant est plutôt composé de personnes à la retraite. C’est certainement en partie liée à des conditions matérielles de vie sur la zone, où pas grand-chose n’est pensé pour les personnes qui ne sont pas valides ou vaillantes. Imaginer arriver et se construire un habitat n’est pas forcément simple quand on a plus ou pas l’énergie ou la possibilité de pousser des brouettes, grimper à des trucs, ...Les constructions ne sont pas forcément conçues pour des périodes où il y a des difficultés physiques : chemins en palettes, sleeping en mezzanine,...Certaines personnes évoquaient aussi des envies et des rythmes qui évoluent au cours de la vie, et le besoin de se retrouver de temps en temps avec des gens qui partagent les mêmes attentes ( que ça soit en terme d’efficacité dans des chantiers, de régler des conflits ou de participation aux soirées festives bruyantes). Pour l’instant, il est assez difficile d’imaginer comment prendre soin collectivement de personnes qui ne peuvent plus être autonome sur différents plans : qu’est ce qu’on être prêt.e à faire, comment ? Ca nous donne envie de discuter de ces questions avec des personnes qui travaillent dans ces domaines et qui auraient envie d’y réfléchir dans d’autres cadres.

Les prochaines étapes : On est dans un processus de discussions où on a envie d’être rejoint.e par des gens qui se posent ces questions, ici ou ailleurs, pour échanger sur ce qui se fait, se tente ( on a l’exemple des Babayagas de Montreuil, mais il y a sans doute d’autres expériences à rencontrer). Il y a aussi l’envie d’imaginer concrètement des moyens pour permettre d’intégrer petit à petit ces questions dans le fonctionnement de la zone et des rencontres pouvant conduire à des projets mélangeant les âges.

puisqu’on est pas au même endroit ce jour là :

VIVRE SUR LA ZAD A TOUT AGE

retour sur la éunion du 8 septembre 2017 à La Wardine

Nous sommes 4. L’idée, c’est de construire dans l’année qui vient un lieu d’accueil collectif que pour les personnes d’un certain âge, un espace :

soft, de bienveillance et de soutien pour les vieux et les vieilles où on peut cuisiner, manger, se laver, se reposer, éventuellement dormir, ... d’échanges et de partages, inclusif, pérenne et en perpétuelle évolution où on organise des événements ouverts, débats, projections, veillées, partages de savoirs,.. et ce qu’on veut avec des documents archivés et disponibles à toutes et tous pour pouvoir travailler ensemble sur du plus long terme d’où se projeter vers un avenir qu’on auto-organise d’environ un hectare ou deux pour jardiner, se promener,...

Viens en parler avec nous lors de notre prochaine réunion le mardi 26 septembre à la Wardine (Multiploux) à 16h. Amène de quoi grignoter. Si on est nombreux, on pourra - entre autres dans le cadre des futures prises de terre - commencer à débroussailler les questions liées à la création de ce lieu (où ? Quand ? Comment ? Avec qui ? Avec quoi ?)