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De la ZAD à la Val de Susa, résistance et sabotage

jeudi 23 janvier 2014

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De la ZAD au Val Susa Résistance et Sabotage !

Détruire et dévaster pour que tout aille plus vite, pour qu’espaces et individus soient contrôlés, pour que ça rapporte toujours plus d’argent. Aménager et nous faire croire qu’on ne peut pas s’opposer à ce(ux) qui nous oppresse(nt). C’est la logique des sociétés dans lesquelles on vit. C’est celle du projet de l’aéroport de Notre Dames des Landes. C’est celle qui transforme et bousille les quartiers en ville où les pauvres se dé- brouillent. C’est aussi celle de la ligne TGV (TAV) entre Lyon et Turin qu’ils voudraient faire passer par le Val Susa, en creusant le plus grand tunnel d’Europe (57 kilomètres) dans la montagne tout en écrasant la rage de celles et ceux qui depuis 20 ans luttent contre.

Qui se bat contre l’aéroport et son monde peut se reconnaître aussi dans la lutte No Tav. états et entreprises nous voudraient dociles et résigné.es. Mais en Val Susa comme à la Zad, plein de gens ont décidé que le projet ne se ferait pas, et ne se limitent pas à demander passive- ment aux décideurs de l’abandonner ou à hurler un non ignoré depuis des années. Elles et ils agissent et expérimentent des moyens d’action pour s’opposer concrètement au saccage et à la dévastation.

Face aux attaques de l’état, on tient le coup et on choisit d’être solidaires les un.es envers les autres. Quand flics et militaires sont venus expulser et détruire à la Zad, on a réagit massivement et notre détermi- nation a fait échouer leur intervention.

En Val Susa, cela fait plus de deux ans que l’état, ses flics et ses militaires construisent une forteresse pour « protéger » le début du chantier à la Maddalena. Mais le mouvement continue de jour comme de nuit à couper les grillages, à bloquer les machines, à manifester malgré les fils barbelés, les caméras, les matraques, les gaz lacrymos et les offensives répressives. Dans la nuit du 13 au 14 mai dernier, une trentaine d’anonymes No Tav a attaqué le chantier de la Grande Vitesse en Val Susa, entrant à l’inté- rieur et incendiant du matériel et des équipements. Une action rapide et précise qui avait démontré, une fois de plus, que la forteresse de la Maddalena n’est pas intouchable et qu’il est possible d’en enrayer le fonc- tionnement. Un sabotage inscrit dans la lutte, qui avait été soutenu pu- bliquement par le mouvement No Tav.

Le 9 décembre 2013, la police politique, sur ordre des parquets de Turin et Milan, a incarcéré quatre compagnon-nes, Chiara, Mat- tia, Niccolo et Claudio, pour « attentat à finalité de terrorisme ». Ils et elle sont accusé-es d’avoir pris part à l’action de Mai. Les accusa- tions gravitent autour de l’article 270sexies du code pénal italien : « avoir causé un préjudice à l’Italie et à l’Union Européenne avec l’objectif de contraindre les pouvoirs légitimes nationaux et européens à s’abstenir de réaliser et financer les travaux relatifs à la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin ». L’apparition de ces accusations contre des No Tav n’arrive pas de nulle part. Face à un mouvement de lutte qui affronte des décisions étatiques et se renforce dans la diversité d’actions et dans le nombre d’individus qui y prennent part, l’état, en difficulté, joue la carte de la répression terroriste. Il est nécessaire de prendre en compte que cette arme légale est utilisée par le pouvoir contre le mouvement dans son ensemble. L’état impose ses décisions démocratiquement en les basant sur la force du droit et de la légalité, sa légitimité les rendant incontestables. La démocratie est une porte blindée contre toute forme de désaccord, à part celui concédé de se plaindre. Le désaccord ne s’arrête pas, la porte est donc blindée avec barbelés et militaires. Le désaccord se fait résistance et sabotage, cela révèle les « finalités terroristes » de la lutte. Ainsi le Pouvoir parle un langage clair : « Nos décisions démocratiques ne te plaisent pas et tu agis contre ? Tu es un terroriste ». Les mouvements contre le TAV et l’aéroport ont donné un caractère concret à un NON à travers des années d’expériences, de savoirs, de confrontations et d’actions. C’est cette détermination qui devient an- tidémocratique et terroriste et pas tant une action spécifique : l’attaque du chantier cette nuit là. Cette offensive répressive est l’application d’un dispositif pensé contre toute conflictualité sociale, et pouvant frapper n’importe quelle lutte. Il est important de réagir le plus largement possible.

Les TerrorisTes soNT Ceux qui saCCageNT eT déTruiseNT Nos vies eT Les Lieux que Nous habiToNs. Le TerrorisTe, C’esT L’eTaT. Le soutien aux compagnon-nes incarcéré-es et inculpé-es n’est pas seulement un acte de solidarité, mais la revendication acharnée de la lutte et de ses raisons, en val susa, à la Zad et partout.

Le 22 février uNe jourNée d’aCTioN de soLidariTé a éTé appeLée par Le MouveMeNT NoTav. La manifestation du 22 février 2014 à Nantes contre

l’aéroport est l’occasion d’hurler notre soutien aux compagnon.nes et de partager le même souffle de détermination : la lutte ne s’arrête pas !!

LiberTé pour MaTTia, Chiara, CLaudio e NiCCo.

LiberTé pour Tous eT TouTes

Pour plus d’infos sur la lutte NoTav : notavfrance.noblogs.org

sur les arrestations (en italien) : autistici.org/macerie

sur la lutte contre l’aeroport : zad.nadir.org

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