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Positionnement du collectif de la Wardine...

vendredi 19 avril 2019

Positionnement du collectif de la Wardine

Pourquoi et comment nous continuons à vivre sur la Zad

Nous faisons partie des personnes venues vivre sur la zad pas seulement pour lutter contre un projet d’aéroport archaïque mais pour tenter de nous autonomiser progressivement du système consumériste capitaliste. Il est évident que la lutte contre la dictature capitaliste est loin d’être fnie. Notre manière d’y participer ne consiste pas seulement à s’opposer à la puissance de l’état et des multinationales qui asservissent les populations, pillent les ressources et dévastent l’environnement, mais nous voulons aussi construire une autre manière de vivre plus libre en continuant à nous organiser collectivement.

Si, depuis quelques années, nos luttes face au pouvoir sont sorties des villes pour venir s’installer dans la durée sur d’autres terrains, c’est pour sauver des espèces vivantes et des terres de la destruction, pour apprendre à cultiver et tenter de préparer un futur collectif viable face aux crises sociales, économiques, politiques, environnementales, alimentaires... qui se proflent. En réponse à l’horizon bétonné et stérilisé qu’on nous impose, l’action de faire pousser des légumes, des céréales, des fruits, des feurs... a été et reste pour la ZAD une manière créative de résister.

Pour que la Zad soit une base d’accueil généreuse, parmi toutes celles qui se mettent en place et que nous puissions, tour à tour, d’une base à l’autre : être nomades, contribuer à la vie d’autres lieux, nous enraciner pour accueillir des personnes en quête d’une autre vie... il est nécessaire de continuer à cultiver une autonomie sufsante pour pouvoir recevoir celles et ceux qui veulent également échapper à la situation de consommateur captif dans laquelle le système économique nous enferme. Dans ce système qui encourage l’égoïsme et qui exclut de plus en plus de monde, beaucoup de personnes dépendent des distributions alimentaires et de la récup pour survivre. Ici nous avons la chance d’avoir accès à une terre nourricière qui est précieuse pour nous afranchir de l’empire agro-alimentaire. Si la population fait la révolution pour mettre en place une organisation sociale plus juste, mais qu’au bout de quelques semaines elle n’a plus à manger, elle retournera au supermarché manger dans la main du capitalisme. D’ailleurs, aller au supermarché pour faire ses courses ou des récups consomme globalement plus de pétrole que l’utilisation d’un tracteur. Et peut être qu’on pourra même se passer de tracteurs quand les personnes préféreront faire de l’exercice physique dans les champs plutôt que sur des tapis roulants... La révolution est une activité quotidienne elle se projette dans chacun de nos gestes.

Le printemps 2018 restera une saison très sombre dans la longue histoire de cette lutte quotidienne. La violence d’état s’est abattue scrupuleusement sur ce que nous avions réussi à créer collectivement et a fait voler en éclats nos espérances. Même si certaines personnes ont été contraintes d’accepter à contre coeur de déclarer des projets agricoles pour que cesse l’opération de destruction de la Zad, nous restons convaincu-e-s qu’il faut malgré ça, continuer à s’organiser pour se projeter dans un futur collectif. Entre autre en menant une agriculture à échelle humaine... pour nourrir l’espoir que des temps meilleurs reviennent, que nous puissions continuer à apprendre à vivre ensemble en partageant des savoirs vitaux. « ... Nous ne voulons pas devenir des entrepreneurs et entrepreneuses, mais plutôt des entredonneurs et entredonneuses ... » Appel de Sème ta Zad Janvier 2013.

Nous n’imposons à personne de vivre selon nos convictions et nos modes d’organisation, mais à la Wardine, le collectif d’habitant-e-s décide des personnes avec qui il veut vivre dans une confance mutuelle. Nous n’acceptons plus qu’on nous accuse de privatiser notre lieu de vie, qui en l’occurrence a toujours été un lieu d’organisation collective, qu’on abuse de notre hospitalité, qu’on nous insulte, qu’on nous impose des présences autoritaires, que des prophètes hors sol nous rabâchent de grandes théories idéalistes, insurrectionnalistes ou complotistes, que des radicollabos des réseaux sociaux nous donnent des leçons de morale pitoyables... Pendant que les politicards bavards se gargarisent de ragots, le monde entier est réduit en esclavage pour produire notre confort de privilégié-e-s à la marge, si nous sommes encore sur la Zad c’est pour tenter de sortir de ça.

La zad est et restera le fruit d’une lutte collective dont on doit continuer à cultiver l’esprit, mais qu’on doit aussi protéger des comportements prédateurs. Dans l’histoire quotidienne de la Zad de nombreuses personnes ont subi la tyrannie du plus fort, de nombreux lieux de vie ont été pourris, dévastés et même brûlés, pas seulement par les keufs, mais par des personnes qui prétendaient venir défendre la Zad.... Nous avons des années d’expériences de vie collective entre autres à la Wardine, lieu que nous avons toujours souhaité ouvert, actif et accueillant, nous avons pu observer de nombreux comportements et situations qui génèrent des confits ou du danger pour les personnes, nous n’acceptons pas de subir ça au quotidien. Et nous avons autre chose à faire que de continuer à récolter dans les champs, les forêts, les fossés et dans nos lieux de vie, les tonnes de déchets laissés par des personnes égoïstes complices du système consumériste.

Par contre nous apprécions le dialogue qui permet de se côtoyer et de faire des hoses ensemble. Pour ces raisons l’accueil à la Wardine est conditionné au respect d’autrui, du lieu et du fonctionnement collectif qui y est porté depuis 6 ans. Les personnes qui ne sont pas d’accord avec les conditions de vie de notre collectif peuvent chercher d’autres collectifs dont le fonctionnement leur correspond mieux. Si ces conditions sont respectées, vous êtes les bienvenu-e-s.

Malgré la désintégration d’une grande partie des structures et des liens humains qui donnaient sa diversité, sa richesse et sa cohésion à la Zad, nous souhaitons faire en sorte que cette zone ait encore de nombreuses et belles années de vie collective devant elle et qu’on continue à y cultiver notre nourriture. Plutôt que de perdre notre énergie à nous diviser, il y a urgence à agir sur tous les fronts contre le totalitarisme qui infeste ce monde.


En pièce jointe à cette article vous trouverez les principes de fonctionnement de la Wardine poséspar le collectif d’habitation du lieu.

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Fonctionnement de la wardine

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