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La zad un an après, les combats en cours et l’appel à soutenir le fonds « la terre en commun »

mardi 22 janvier 2019

— - Communiqué de presse

/// La zad 1 an après, les combats en cours et l’appel à soutenir le fonds « la terre en commun »

Nous célébrons le 17 janvier, d’abord, car nous voulons qu’il soit gardé en mémoire que l’abandon de l’aéroport a été possible grâce à long mouvement de résistance obstiné, créatif, populaire. Ce mouvement a été aussi large que polémique, et a régulièrement dû recourir à des formes d’actions offensives et illégales pour se faire entendre et avancer. Cette lutte hétérogène et la victoire contre l’aéroport ont marqué une époque et inspiré de nombreuses autres résistances territoriales contre des aménagements destructeurs. Le 17 janvier dernier a été suivi d’une vengeance d’État à l’encontre de la zad, entraînant la destruction d’un certain nombre de lieux de vie. Mais l’aventure collective se poursuit aujourd’hui sur ce coin de bocage où s’expérimentent toujours d’autres manières d’habiter le monde.

Un an après l’abandon, bon nombre de projets paysans mais aussi artisanaux, culturels ou politiques issus du mouvement d’occupation sont en voie de s’ancrer. Ces projets sont envisagés de manière interconnectée, coopérative, en lien avec les perspectives naturalistes mais aussi avec les luttes sociales de la région. Si le projet commun s’enracine, de nombreuses batailles restent à mener et une campagne se lance pour l’achat de terres et bâtis de la zad par un fonds commun.

// Sur l’avenir paysan et les conventions

En ce qui concerne les différents projets agricoles, des conventions précaires devaient être renouvelées ou nouvellement signées au 31 décembre sur 180 ha. Elles ne l’ont pas encore été et il est par ailleurs nécessaire qu’elles se transforment au plus vite en baux stables pour que les projets sortent de la précarité. Ces conventions devraient pour l’instant porter sur 180ha dont 40ha sur des parcelles qui étaient jusqu’alors considérées comme conflictuelles à Saint-jean du Tertre, la Wardine, la Noë Verte et où les activités en cours vont heureusement finalement pouvoir se maintenir. De nouvelles installations (paysans crêpier ou boulanger, moutons, vaches) issues du mouvement se sont aussi positionnées sur 152ha de terres sur lesquelles des agriculteurs vont partir à la retraite cette année et devraient être prioritaires. Les paysans résistants continuent leurs activités sur 310ha. Nous continuerons à oeuvrer pour que le reste des surfaces préservées puissent aller en priorité à de nouvelles installations de jeunes paysans plutôt qu’à l’agrandissement d’exploitants ayant accepté l’argent pour laisser leurs terres aux bons soins d’AGO VINCI.

// Sur l’habitat historique et alternatif

Des conventions d’habitat sont en négociation sur les bâtis historiques habités par des collectifs d’occupants. Mais rien n’est encore assuré quant à la préservation des habitats écologiques auto-construits au sein desquelles sont implantés un certain nombre de projets. La zad doit rester pour nous un terrain d’expérimentation sur l’habitat alternatif. Nous irons porter publiquement ces enjeux cette année au cours de l’enquête publique sur le nouveau PLUI de la Communauté de commune d’Erdre et Gesvre. Des reconstructions doivent par ailleurs être autorisées sur les bâtis historiques détruits du fait du projet d’aéroport.

// Sur la défense du bocage, des bois et de la biodiversité

Même si le bocage n’a pas été englouti par le béton, rien n’est encore acquis quant à la mise en œuvre d’un projet agricole cohérent pour conserver la biodiversité. On ne peut pas avoir des projets guidés par le soin du vivant tandis que d’autres font de l’agriculture au glyphosate de l’autre côté de la haie. Sur les espaces boisés de la zad, le collectif abrakadabois poursuit aussi une bataille spécifique pour le maintien de l’usage commun et de l’attention naturaliste.

// Sur le fonds de dotation et l’appel à soutenir l’achat d’un premier lot de terres et bâtis de la zad

Ce début d’année est marqué par le lancement d’une première campagne d’appels à dons pour le fonds de dotation « la terre en commun » (https://encommun.eco/). Il s’agit d’une structure de propriété collective dont l’objectif est de sécuriser dans la durée les terres et bâtis de la zad et leur usage commun. Il vise à les préserver sur le long terme des risques d’agriculture industrielle, d’usages délétères ou de mise sous cloche. Il permettra d’entretenir une vision créative, solidaire et ouverte du territoire Pour les contributeurs, c’est une manière de continuer à faire de l’avenir de la zad plus que le destin de ses propres habitant.e.s.

Le Conseil Départemental a obtenu récemment le rachat d’une bonne partie des terres cultivées par le mouvement et d’un certain nombre de bâtiments. Mais certaines parcelles de bocage et un lot conséquent de bâtiments n’ont pas fait l’objet de rétrocessions. Il s’agit d’un ensemble d’habitats, fermes et infrastructures collectives (l’auberge du Liminbout, la maison Herbin, le Liminbout squat, la nouvelle ferme des 100 noms, la Mogette, Saint Jean Ferme, Saint Jean Cabane, le Moulin de Rohanne et l’Ambazada) ainsi que quatre autres terrains constructibles qui vont être revendus au cours des prochains mois par l’État. Il y a donc urgence à ce que le fonds de dotation puisse se positionner pour pouvoir acquérir ces premiers lieux, ainsi que les autres bâtiments qui risquent d’être revendus par la suite par le Conseil Départemental.

Une première levée de fonds déjà lancée auprès des soutiens proche a permis en moins d’un mois de trouver plus de 230 000 euros auprès d’environ 300 premiers contributeurs. Nous sommes optimistes quant à la dynamique amorcée et la possibilité de continuer à lever la somme substantielle nécessaire.

Un an après l’abandon, c’est sur tous ces plans que nous continuerons à substituer à l’aéroport un territoire vivant et solidaire, bien commun des luttes.

Le Groupe Presse