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Communiqué de bilan d’une journée d’expulsion sur la zad et appel général à se rendre sur place pour stopper l’opération

lundi 9 avril 2018

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L’après-midi se finit dans un bocage asphyxié par les gaz lacrymogènes après déjà de longues heures de résistance face à la destruction d’habitats et fermes de la zad. Au moins 7 lieux de vie collectifs ont péri, avec leurs divers habitats particuliers brisés, leurs ateliers en miettes, leurs jardins piétinés : planchettes, planchouette, lama fâché, noue non plu, youpiyoupi, 100 noms...

L’invasion policière a trouvé face à elle diverses formes de résistance  : barricades, barrages de tracteurs, mêlées, personnes se hissant sur les toits, chantant, se tenant dans les bras. Dans les champs, face aux gendarmes mobiles et à leur machines de morts, on trouvait des anciens, des jeunes, des voisins, des paysans, des occupants, des camarades de partout. 6 des soutiens mobilisés sur place ont été blessés et 7 personnes arrêtées. Malgré la disporportion des forces en présence, l’absolue supériorité militaire des gendarmes, un peu de ruse et d’imagination a suffi à mettre deux fois le feu à leurs machines. Le dieu de la boue en a embourbé une autre.

A chaque maison expulsée, brisée par les mâchoires des tractopelles, c’est un pan de la vie ici que l’Etat cherchait à éradiquer, et un pan ferme de colère qui se soulevait en nous. Une colère qui s’est diffusée toute la journée à tous ceux qui scrutaient de plus loin ces événements sans avoir pu encore se rendre sur place. Ils seront désormais de plus en plus nombreux dans les prochains jours si l’opération continue. Ils reviendront en masse pour ne pas laisser sans habitat ceux que l’Etat a cru aujourd’hui expulser du bocage...

La destruction du hangar, des serres et de la bergerie des 100 noms, l’évacuation de ses ânes et de ses moutons a achevé de dévoiler l’hypocrisie absolue de la préfecture, y compris sur sa prétention affichée à conserver les projets agricoles. La préfete en profite pour appuyer sur un chantage abject à propos des autres lieux abritant des projets agricoles : abandonnez la vision collective maintenant ou vous connaitrez le même sort et les mêmes destructions. La maison des vraies rouges, les jardins maîraicher et médicinal du Rouge et Noir, et bien d’autres pourraient bien être en ligne de mire demain. En ce qui concerne cette ferme, un référé pour voie de fait va être déposé par Me Hurriet à l’encontre de la Préfecture. Les habitants des 100 noms s’étaient en effet identifiés auprès d’AGO-VINCI et de la préfecture dès 2013, puis de nouveau en 2016 et en 2018. AGO-VINCI l’ont sciemment ignoré et ont bafoué le droit de la manière la plus grossière en refusant de les laisser accéder malgré tout à une procédure nominative d’expulsion. Aujourd’hui encore, l’huissier qui accompagnait l’expulsion de ce lieu a refusé de les laisser accéder au jugement d’expulsion et de leur donner son nom.

Toute la journée de nombreux soutiens se sont déjà manifestés : communiqués et appels de diverses organisations (Sud Rail, Greenpeace, etc), occupation de la mairie à Forcalquier, rassemblements partout en France.

Demain, l’Etat annonce la poursuite des expulsions et de sa volonté d’éradication de l’expérience de la zad. Il faudra les empêcher, s’enraciner, rester. Nous appelons tous ceux qui peuvent à se rendre sur place dès l’aube pour leur faire obstacle. Nous appelons à des mobilisations et réactions déterminées partout ailleurs en france.

La zad restera !

  • lundi 9 avril

    22h01min

    • 22h45 : le sketch du blindé ! Alors après avoir essayé de le tracter avec un de leur camion, en vain, ils sont ensuite allés prendre des tôles sur la barricade pour les mettre sous les roues... visiblement en vain aussi. Parce que maintenant, ils essaient de remplir le fossé pour faire sortir leur machin ! Ben ouais, on vous avait dit qu’ils étaient trop larges vos fossés !
    • MAJ 22h27 : après avoir lamentablement tanké leur grosse machine, ils se sont déployés en s’avançant sur la route des fosses noires et dans le champ en face de lama (sans doute pour sécuriser leur machine embourbée). Il y a du répondant en face, une barricade s’est enflammée, et le blindé l’a traversée
    • les flics sont remontés avec deux blindés depuis le bois rignoux jusqu’à lama (ils sont actuellement à 50m du carrefour et virent des barricades)où ils sont arrivés il y a quelques minutes. Ils tirent des lacrymos en chemin... et ils ont tanké un de leur blindé dans le fossé !!! (tout comme une pelleteuse aux cent noms, ou un bâché à la frenelière dans la journée...!!)
    • la zone est à priori redevenue plus accessible, une bonne partie des garnisons est repartie dormir (ou essayer) dans ses hôtels (dont vous pouvez trouver une liste non exhaustive ici. C’est possible qu’il y ait des contrôles en abord de zone, dans ce cas c’est super de prévenir le téléphone d’urgence ( 06 43 92 07 01) et de demander les papiers qui les autorise à faire des fouilles ou à controller l’identité des passagèr.es
    • on reçoit aussi des tas de messages de soutien ! c’est pas facile de relayer parce que c’est beaucoup de taff autour de la comm’, mais promis on essaiera d’en mettre le max. En attendant, en voilà un : "Courage les amiEs, on est de tout coeur avec vous. vive la Zad, vive la liberté."
  • 18h06min

    Communiqué de bilan d’une journée d’expulsion sur la zad et appel général à se rendre sur place pour stopper l’opération